Reconnaissance

Reconnaissance ; Nom féminin,  à prendre dans tous les sens du terme

Le temps qui court. Tellement vite qu’on en finirait par croire qu’il est dopé. Ou qu’il a acheté des nouvelles baskets. Pas de réelle sortie depuis presque deux semaines, du coup je me décide, en sortant du boulot, une à deux fois par semaine, à explorer les zones encore préservées de Kourou. Les trois lacs de Kourou sont propices aux observations mais bien trop fréquentés. Je me dirige plutôt vers les zones péri-urbaines. Là où la nature guyanaise reprend vite ses droits.

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Bihoreau violacé – Nyctanassa violacea

Mercredi donc, je me gare, sors de la voiture et commence à marcher. Au bout de quelques mètres, je m’arrête en me disant. Si tu vois des trucs et que t’as pas ton appareil photo, tu vas le regretter ! Je fais demi tour et récupère le matos. Je me rends vite compte que j’ai bien fait. C’est tout d’abord un bihoreau violacé qui accroche mon regard. Je passe un moment magnifique avec lui. Nous nous regardons, sans doute aussi impressionnés l’un que l’autre de cette proximité inattendue. Un moment d’une rare intensité. Puis, décidant sans doute, que moi et mon appareil ne représentions pas de danger pour lui, le héron aux moeurs normalement nocturnes, se décide, très impudiquement par ailleurs, à faire sa toilette sous mes yeux.

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Bihoreau violacé – Nyctanassa violacea
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Bihoreau violacé – Nyctanassa violacea

Seuls viennent nous déranger quelques crabes ou autres limicoles impudents. Les minutes s’envolent toutes seules et c’est la soif qui finit par me sortir la tête des palétuviers. Mon regard s’arrête alors sur une tâche rouge un peu plus loin. C’est un ibis solitaires qui cherche pitance au milieu des aigrettes, non loin d’un autre bihoreau. J’en dénombrerai d’ailleurs pas moins de six individus de la même espèce dans les arbres ou sur la vase.

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Pendant que je compte les oiseaux, les gros yeux, ces atypiques poissons s’ébattent au bord de l’eau. Goût du risque ou simple inconscience, ils se laissent déposer par l’onde sur la grève pour frétiller avec exubérance afin de rejoindre l’eau salvatrice.gros yeux

Je m’arrache à ma contemplation, n’ayant pas parcouru beaucoup plus que quelques dizaines de mètres depuis mon véhicule et reprends le cours de mon exploration. Sur ma droite, dans un petit canal le reflet d’une jeune aigrette me fait appuyer sur la gâchette.

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Aigrette bleue – Egretta caerulea

Quelques pas plus loin, un couple de pic de cayenne se pose au dessus de moi.  Eux non plus ne sont pas farouches et discutent tranquillement de la pluie et du beau temps avec moi.

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Pic de Cayenne – Colaptes punctigula (Madame)
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Pic de Cayenne – Colaptes punctigula (Monsieur)

J’enchaîne ensuite les observations plus ou moins furtives. Une buse à gros bec joue à cache-cache avec moi. Des passereaux en tout genre volettent de branche en branche,  des colibris assurent le show en voltigeant… C’est un véritable festival plumotechnique, avec le son en prime. Devant moi, une zone d’ombre me paraît être un bon poste d’observation. Je m’y glisse et patiente quelques instants. Un éclair jaune saute de branche en branche. J’essaie de la suivre tant bien que mal avec mon objectif. Finalement, l’oriole fait une pause suffisamment longue dans sa quête pour que je puisse tirer son portrait.

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Oriole jaune – Icterus nigrogularis

Le temps passe, moi qui avait en tête une petite reconnaissance, juste une marche pour explorer un peu le coin, je suis largement satisfait de tout ce que j’ai vu et pu prendre en photo. Sur le chemin du retour vers la voiture, un sporophile à aile blanche se mettra en travers de mon chemin, trop concentré sur sa pitance pour me prêter attention.

colibri
Émeraude orvert – Chlorostilbon mellisugus
sporophile
Sporophile à ailes blanches – Sporophila americana

Au final, une sortie très riche et diversifiée. Je ne m’attendais pas à une telle variété et une telle densité d’observation. Je sens que le coin va devenir un détour régulier à la sortie du boulot.

 

 

 

3 réflexions sur “Reconnaissance

  1. Belle série, et belle sortie ! Tu commences à bien maitrisé le 600 ! Elles sont vraiment chouettes ces photos, surtout la deuxième du pic et le sporo. Je me rappelle qu’en Gwada, j’avais vu pas mal de Bihoreau violacé en journée également, peut-être n’est-il pas si nocturne que ça ! 🙂

    Ah et j’adore ton expression « Festival plumotechnique » ! 😀

    Aimé par 1 personne

    1. Oui ça commence à venir tranquillement, avec quelques conseils et en testant des trucs 🙂 C’est cool de progresser en tout cas, parce que j’étais pas très doué dans la photo au télé au début ^^
      Pour le bihoreau ouai, contrairement au savacou que je croise vraiment que la nuit, lui ben il a l’air de se croiser pas mal de jour.
      Et toi tu en es où de l’achat du 600 alors ?

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      1. J’ai acheté un bridge. Il a un équivalent 600, alors certes la qualité est moindre mais il est beaucoup plus léger et compact. Sinon, j’ai toujours mon télé 500 mais je l’utilise de moins en moins. Je pense quand même prendre les 2 en Guyane.

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