Camp Bonaventure, piste de Belizon.
J’entend la voix de Denis m’appeler, y’a une harpie qui traine ! Je jette mon livre et mon café pour me saisir de mon appareil photo.

L’année 2020 vient seulement de commencer. La première partie des vacances n’était pas la plus réussie question observation, la météo ne nous a vraiment pas aidé et nous sommes repartis avec un petit goût de frustration du lac de petit saut, où nous avons passé une semaine à chercher le jaguar, mais en vain.

jacamar 03 01.2020

Pour la suite des vacances, une fois n’est pas coutume, nous avons chacun notre programme. Julien retourne sur le lac et je vais passer quelques jours chez Denis, au camp Bonaventure, entre Cacao et Régina, faire un peu d’herpeto. Malheureusement pour moi, la saison des pluies qui semblait pourtant avoir bien commencé a décidé de marquer un coup d’arrêt. Lune resplendissante et grand soleil, bref, tout l’inverse de ce qu’il faudrait pour trouver quelques bestioles à écailles.

conure versicolore belizon 01.2020

Les journées passent sans observation majeure, quelques perroquets et autres volatiles, mais même les toucans se font discrets et lointain !

papegeai 01 belizon 01.2020

Du coup, je me met à faire des photos de colibris. Le trépied confortablement installé, le café à la main et le livre sur les genoux j’attends que ce mâle de dryade à queue fourchue accepte de venir butiner la fleur sur laquelle j’ai fait ma mise au point.

dryade 03 belizon 01.2020dryade 02 belizon 01.2020

C’est à ce moment que j’entends la voix de Denis qui dit : Harpie ! Harpie ! Ce super prédateur est un habitué du lieu et traîne souvent dans le coin, où j’ai déjà pu la photographier quelques fois. Malheureusement, j’arrive un peu tard pour être témoin de toute la scène, mais l’aigle féroce a tenté prédater un kinkajou (Potos flavus), aussi appelé singe de nuit. Celui ci a réussi à s’échapper en y laissant quelques poils et même un peu de chair. Mais la harpie avait faim, elle disparaît donc sous le couvert de la canopée avant de ressortir, un opossum dans les serres. Elle restera quelques instants perchée au dessus de nous avant de s’éloigner pour déguster sa proie à l’abri de nos regards. Farouche la bestiole.
harpie 03 belizon 01.2020harpie 01 belizon 01.2020
C’est alors que les branches de l’arbre en face de nous semble s’agiter. Le singe de nuit s’y était réfugié et attendait que son assaillant parte pour se remettre à bouger et panser ses plaies. La harpie lui aura laissé une belle entaille à la queue en souvenir. Mais quelle observation. Ce mammifère très étrange, à mi chemin entre un félin et un opossum, avec la queue préhensile est exclusivement nocturne. Il n’est pas rare d’en croiser lors d’une balade de nuit à la recherche de grenouilles et de serpents. Mais pouvoir le photographier de jour c’est juste un privilège énorme. Surtout qu’il nous fera le plaisir de rester plus d’une demi heure à découvert, en nous jetant de tant en tant un regard pour vérifier qu’on reste tout de même à une distance respectable.

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One Comment on “Le singe de nuit

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