Serpents

PAGE EN COURS D’ÉLABORATION

Introduction

Une centaine d’espèces de serpents et d’amphisbènes sont présentes sur le territoire guyanais. Parmi toutes celles là, seule une dizaine possède un venin capable d’infliger une morsure potentiellement fatale… Cependant, le risque de morsure venimeuse est extrêmement faible en forêt. Toutes les morsures par des serpents dangereux dont j’ai entendu parler autour de moi se sont passées dans des zones habitées. Bref, tout ça pour dire que les serpents ne méritent pas la réputation qui leur est faite. Réputation tant basée sur l’ignorance que l’héritage d’une construction sociétale ancestrale et d’une culture judéo-chrétienne obscurantiste.

Cependant, vu les dégâts que peut faire le venin d’un grage sur un organisme (sans pourfausto starace autant conduire à une issue fatale), il est nécessaire lorsque l’on passe du temps en forêt, de pouvoir identifier d’un coup simple coup d’œil la catégorie à laquelle appartient l’individu à qui nous avons à faire. C’est d’abord dans cette optique que je me suis intéressé à la faune ophidienne et que j’ai alors découvert l’incroyable richesse et la fascinante beauté de cet univers méconnu qu’est l’herpétologie.

Beaucoup des informations que vous trouverez sur cette page sont issues de mes observations, expériences et discussions, mais surtout du superbe travail de Fausto STARACE dans son livre Serpents et Amphisbènes de Guyane aux éditions Ibis Rouge (2ème édition 2013)


 SOMMAIRE SERPENTS

Je rappelle que toutes les espèces de serpents de Guyane ne sont pas présents ici, mais seulement ceux que nous avons pu croiser et prendre en photo 🙂

Classification et détermination :

Aniliidae :

  • Anilius scytale

Boidae :

  • Boa constrictor
  • Corallus caninus
  • Corallus hortulanus
  • Eunectes murinus
  • Epicrates cenchria
  • Epicrates maurus

Colubridae :

  • Chironius carinatus
  • Chironius fuscus
  • Chironius multiventris
  • Leptophis ahaetulla
  • Mastigodryas boddaerti
  • Pseustes poecilonotus
  • Pseustes sulfureus
  • Oxybelis aneus
  • Oxybelis fulgidus
  • Spillotes pullatus

Dipsadinae :

  • Atractus badius
  • Atractus flamigerus
  • Dipsas catesbyi
  • Erythrolamprus cobella
  • Helicops angulatus
  • Helicops leopardinus
  • Hydrodynastes bicinctus
  • Imantodes cenchoa
  • Leptodeira annulata
  • Oxyrhopus melanogenys
  • Oxyrhopus occipitalis
  • Pseudoboa coronata
  • Thamnodynastes pallidus

Elapidae :

Viperidae :

  • Bothrops atrox
  • Bothrops brazili
  • Bothrops bilineatus
  • Crotalus durissus

Envenimation :


 Classification et détermination

Les ophidiens appartiennent à l’ordre des Squamates. Il n’y a pas de consensus total dans le monde scientifique quant aux classifications familiales et sub-familiales. Le recours à l’ADN pour établir une classification phylogénétique apporte de nombreux bouleversements et évolutions depuis une quinzaine d’année. Des controverses existent sur les taxon comme les Colubridae, Dipsadidae … Le travail que nous présentons ici, bien qu’il essaie d’être fidèle à l’évolution de la taxonomie ne revendique pas une caution scientifique. La classification utilisée mélange celle proposée par le site de science participative Faune-Guyane et celle adoptée par Starace (2013) proposée par Vidal et Hedges (2009).

L’identification des serpents repose sur des caractères morphologique externe mais aussi systémique interne (hémipenis, nombre de dents … ). Pour les serpents guyanais, les clés de détermination externe suffisent généralement.

« Pour un oeil expérimenté, l’identification d’un serpent connu se fait par la coloration et par l’aspect général » (Starace 2013) « Les autres caractères morphologique n’entrent qu’au second plan. » Par exemple, les grages, (sauf peut être le grand carreaux) ont tous la « tête de l’emploi ». Une tête clairement séparée du corps en forme de triangle.tete-bothrops

« L’allure » du grage est donc reconnaissable assez aisément. Par la suite, on utilisera des critères plus fin pour différencier par exemple le Bothrops atrox du Xenodon rhabdocephalus, ou le Bothrops bilineatus (vrai jacquot) du Thalesius viridus (faux jacquot) comme la forme de la pupille, les motifs géométriques spécifique, l’écaillure …

L’autre nécessité est de savoir différencier les faux corails des vrais micrurus. Les Elapidae possèdent un venin neurotoxique qui peut être fatal. Pour quatre des six espèces présentes en Guyane, la règle des anneaux disposés en triade suffit. Il faut compter les anneaux noirs. Si le motif qui se répète comprend trois anneaux noirs encadré par deux anneaux rouge, orange ou jaune, c’est un « vrai corail ». Le deuxième critère est la discontinuité des anneaux. Chez beaucoup de faux corail (Anilius scytal, Oxhyropus melanogerys … ) la face ventrale brise la continuité des anneaux. La seule exception de discontinuité des anneaux chez les micrurus de guyane est pour M.collaris. (Aussi l’un des plus rare).

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 ANILIIDAE

Anilius scytale :

Serpent à deux têtes, serpent rouleau ou encore faux corail. Anilius scytale est nocturne et terrestre. C’est un fouisseur qui fréquente la litière des forêts dans laquelle il chasse les amphisbènes et quelques autres serpents. Son régime est essentiellement ophiophage. On le retrouve souvent en train de traverser la piste ou la route. Reconnaissable à ses bandes noires discontinues qui tigrent sa robe rouge-orangée. Le ventre est blanc. Adulte il peut faire jusqu’à 1 m.

Vivipare, les juvéniles sont de très petite taille. (5 à 10 cm)

Le serpent rouleau est totalement inoffensif. Il va aplatir son corps lorsqu’il est importuné ou cachera sa tête sous ses anneaux. Il nous est arrivé d’en voir un qui tentait de fuir « à reculons » la queue en premier, donnant une signification plus profonde à ce surnom de « deux têtes ».

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 BOIDAE

Boa constrictor constrictor :

Boa constrictor. Serpent plutôt nocturne, bien qu’observé à plusieurs reprises le jour. Nettement terrestre malgré quelques rencontres arboricoles cependant. Son régime alimentaire est assez varié en fonction de la taille.qui peut atteindre quatre mètres. Les plus jeunes se nourrissent de lézards, de grenouilles et de petits mammifères. Les plus grands capturent des mammifères et des oiseaux principalement.

Inoffensif lorsqu’il est jeune et petit, les grands spécimens peuvent être dangereux lorsqu’on cherche à les capturer.

Corallus caninus :

Boa émeraude ou boa canin. Nocturne et arboricole, il se nourrit de petits mammifères et d’oiseaux qu’il tue par constriction. Il peut atteindre deux mètres. Certains individus peuvent rester à la même place des semaines durant, sa coloration verte lui offrant un camouflage très efficace. On le trouve dans les forêts primaires et secondaires mais reste loin des zones habitées.

Vivipare les portées peuvent donner jusqu’à une quinzaine de jeunes. Le juvénile possède la particularité d’être rouge vif.

 Inoffensif pour l’homme il reste mordeur lorsqu’on chercher à l’attraper bien que moins agressif que son cousin hortulanus.

Individu adulte rencontré sur le lac de petit saut en bord de crique vers 22h30. (Toussaint 2014) Ce spécimen est dans la position caractéristique de chasse des boas, a l’affût, prêt à détendre ses anneaux pour saisir un oiseau ou une chauve souris au vol. Les juvéniles ont été pris sur la route du dégrad saramaca, en mai 2016.

Corallus hortulanus :

Boa d’amazonie, appelé aussi à tort boa de Cook.  Nocturne et arboricole, il se rencontre très souvent en bord de crique et se nourrit de grenouilles, petits mammifères, oiseaux et lézards.  Il mesure en moyenne 1m50 jusqu’à 1m80. Sa coloration peut varier considérablement. D’ivoire à orangé en passant par le beige, le marron … Il est rencontré beaucoup plus fréquemment que les autres boa car non dérangé par la présence de l’homme. Il peut même élire domicile dans les charpentes ou poursuivre une proie jusqu’à l’intérieur des habitations.

Vivipare, les portées varient de 5 à 12 individus. Il arrive que la femelle mange une partie de sa progéniture juste après la mise à bas.

Inoffensif, C hortulanus est très agressif et mord facilement lorsqu’on l’importune. Il libère le contenu de ses glandes cloacales lors de la capture.

Epicrates cenchria :

Ou boa Arc en ciel. Il est nocturne et fréquente le sol, bien que les juvéniles comme celui rencontré possèdent des mœurs semi-arboricoles. Il tient son nom de ses irisations multicolores lorsque la lumière se reflète sur ses écailles. la nuit tombée, ses flancs et son ventre s’éclaircissent. Il se nourrit de rongeurs, d’oiseaux et d’oeufs. Vivipare ses portées sont composées de 10 à 20 jeunes.

Inoffensif, E cenchria a tendance a se mettre en boule la tête au milieu des anneaux lorsqu’il ne peut fuir.

Enectes Murinus :

Le fameux et très connu anaconda géant. Semi aquatique et plutôt nocturne, il peut atteindre des tailles exceptionnelles, bien que ces dernières soient souvent l’objet d’exagération. Les plus grand spécimens trouvés tournent autour de 8-9 mètres.  Mais ces cas sont extrêmement rares. Les indivudus les plus grands capturé par des scientifiques mesurent 7.32m, ou encore 7.01m (Murphy & Henderson (1997) Un anaconda de 5m étant déjà très impressionnant et pesant une soixantaine de kg, il faut déjà plusieurs personnes pour le capturer. De couleur verdatre à marron sombre, sa robe est marquée d’ocelles noires. Le ventre est plus claire. Son alimentation très éclectique dépend aussi beaucoup de la taille du sujet et de l’occasion qui se présente. Oeufs, lézards, amphibiens, oiseaux, reptiles et bien sur mammifères allant des rongeurs aux singes en passant par les animaux domestiques.

C’est un serpent aglyphe donc non-venimeux. Cependant, sa taille et sa force combinées peuvent le rendre dangereux pour l’espèce humaine, bien que l’homme ne soit pas une proie pour lui et que l’on ne déplore pas de mort récente. Très peu d’attaques sur des humains sont recensées dans tout le bassin amazonien. Les circonstance sont quasiment toujours identique : milieu ou fin de saison sèche (moins de proies) fin de journée, l’individu attaqué est accompagné d’un animal domestique. Les agression relatées pourraient donc correspondre à ce que Murphy & Henderson (1997) nomment les « erreurs d’attaques ». A savoir que l’ophidien est alerté par les vibrations de la marche et la trace olfactive de l’animal de compagnie. L’anaconda attaque alors la première source de chaleur en mouvement qu’il peut trouver, pensant saisir un chien… Lors de l’attaque relatée par Starace ayant eu lieu en octobre 2005, l’anaconda a fini par relacher le molet de la dame pour s’enfuir.

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COLUBRIDAE

Chironius carinatus :

L’un des nombreux « chasseurs » de Guyane. Surnommé chasseur à flanc bleu. Diurne, terrestre et semi arboricole, il fréquente les lisères de forêts, les savanes ainsi que les zones habitées et cultivées. Il ne nourrit de grenouilles et de petits mammifères. Les Scinax qui avait élues domicile dans ma cuisine avait complètement disparues lorsqu’un C.carinatus avait « squatté » mes nids de cassique pendant plusieurs semaines. Il peut mesure jusqu’à 2m. C carinatus dors généralement dans des arbustes à 1m50-2m du sol, si possible épineux pour se protéger des prédateurs. Les grands buissons de sensitives constituent pour lui des nichoirs privilégiés. Il est très présent dans les zones périurbaines et les savanes.

Ovipare la femelle pond de 5 à 1 douzaine d’oeufs.

Inoffensif, il est cependant très vif et agressif lorsqu’on l’importune. Il se redresse de moitié et fait face tout en donnant des coups de tête et en tentant de mordre.

Chironius fuscus :

Le chasseur masqué est un serpent diurne, aux moeurs tout de même crépusculaires ou matinales. Terrestre et semi arboricole comme ses cousins Chironius. Le chasseur masqué est un serpent de forêt, primaire ou secondaire et chasse de temps en temps dans les abattis. Il se nourrit d’amphibiens et de petits mammifères, voir des petits oiseaux. Il mesure en moyenne 1m20 à 1m50 mais peut aller jusqu’à 2m. Il est généralement de couleur marron gris. La tête est plus orangée et surtout marqué de ce masque marron caractéristique. La gorge est blanche.

Ovipare il pond d’une dizaine à une vingtaine d’oeufs en début de saison des pluie.

Inoffensif, lorsqu’on le surprend il se figera en position d’accordéon et tentera de prendre la fuite de manière très vive. Mordeur à la capture, s’il est acculé il reproduit par mimétisme les signaux des serpents dangereux. Il gonfle sa gorge et agite l’extrémité de la queue. Il est moins agressif de C carinatus cependant.

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Pseustes poecilonotus :

Le chasseur menaçant est une grande couleuvre qui peut atteindre 2 mètres. Il est diurne et terrestre. Comme beaucoup des grandes couleuvres il est aussi semi arboricole. Il se trouve en forêt, mais aussi dans les zones anthropisées et les savanes broussailleuses. Son régime est essentiellement oophage mais n’hésite pas à gouter à l’avifaune. Il pille les nids qu’il trouve au sol (Tinamou) mais aussi en hauteur. La robe de l’adulte est principalement verte avec des bandes transversales plus claires. La gorge est jaune.

Ovipare, les juvéniles présentent une coloration différentes des adultes avec des taches marrons.

Inoffensif, il va cependant chercher à mordre si on le capture.

 Spilotes pullatus :

Le chasseur demi-deuil est une grande couleuvre diurne. Très reconnaissable avec sa robe contrastée noir et jaune. Terrestre et semi arboricole. Il se rencontre en forêt primaire, secondaire, mais aussi dans les zones péri-urbaines (abbatis … )

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DIPSADINAE

Atractus badius :

L’atractus faux corail est comme ses congénères de la même famille, un serpent fouisseur et nocturne. Il fréquente la litière, les souches en décomposition et se nourris de vers de terre ainsi que d’autres serpents. Sa livrée est caractéristique. De dominance noire avec des bandes irrégulières de rouge et de blanc plus ou moins sombre. La face ventrale est elle systématiquement blanche. Lorsqu’il est importuné il va chercher à fuir ou se mettre en position défensive en cachant sa tête sous son corps.

Inoffensif.

 

 

Atractus flammigerus :

C’est un serpent fouisseur aussi appelé Atractus fade. Il est nocturne et terrestre. La litière et les chablis en décomposition en forêt primaire comme secondaire constituent son habitat. Son alimentation est constituée essentiellement de vers de terre, comme la plupart des fouisseurs. Sa robe est varie dans les tons bruns (claire à foncé), avec des taches plus sombres sur le dos. C’est un petit serpent qui mesure entre 30 et 50 cm.

Ovipare il est totalement inoffensif et reste très calme lorsqu’on le capture.

Dipsas catesbyi :

Le dipsas à nuque rousse est un serpent nocturne, terrestre et semi arboricole. Il se trouve dans les forêts primaires et secondaires, principalement la strate arbustive. On le trouverai aussi dans certaines broméliacées. C’est un malacophage, soit un mangeur d’escargots, de limaces et de gastéropodes en tout genre. Starace parle d’une dentition particulière au genre Dipsas leur permettant d’extraire les escargots de leurs coquilles sans abîmer cette dernière. Sa robe est parsemée de taches plus foncées mais on observe de grande variations de couleurs (blanc cassé à brun foncé) en fonction des individus.. On le différencie des autres Dipsas à sa tête noire et son museau traversé par un trait blanc, ainsi que son collier orange. Son ventre est blanc. C’est un petit serpent, 50 à 70 cm.

Ovipare il est totalement inoffensif et reste calme lorsqu’on le capture. presque amorphe.  Il libère cependant le contenu malodorant de ses glandes cloacales.

Erythrolamprus cobella :

la « Koulev la vaz » est un serpent diurne et semi aquatique. Comme son nom l’indique, on le trouve principalement proche de point d’eau boueux, comme les criques avec influence de la marée, les pripris et zones marécageuses … Principalement sur le littoral, cette petite couleuvre se nourrit d’amphibiens et de poissons. Sa robe est en général gris foncé avec des petites taches plus claires. La couleur du ventre varie du jaune au blanc cassé avec des taches sombres.

Totalement inoffensif, il cherche soit à fuir soit il s’enfonce dans la vase si on essaie de le capturer. Le seul risque est qu’il libère le contenu  nauséabond de ses glandes cloacales.

Helicops angulatus :

L’helicope grage est un serpent nocturne et semi aquatique. On le trouve principalement dans les zones marécageuses, les pripris où les petites criques forestières. Il se nourrit de grenouilles et de poissons. C’est un serpent qui ne dépasse pas un mètre, pour soixante-dix centimètres de moyenne. On le reconnaît à la forme de sa tête et en particulier la position des yeux bien au dessus. Sa robe caractéristique est composée de flanc plus clair avec des bandes plus sombres qui descendent de part et d’autres. Selon les individus on observe des écailles rougeâtres qui remontent. Le ventre est aussi caractéristique de l’espèce avec un « damier.

Inoffensif il peut mordre lors de la capture.

Helicops leopardinus :

Plus rare que son cousin H. angulatus, leopardinus possède sensiblement les même caractériques comportementales. Sa livrée ocelée le différencie cependant assez clairement. Ainsi que les écailles ventrales rouges.

Inoffensif, mais peut être mordeur lorsqu’on l’importune.

Hydrodynastes bicinctus :

Le cobra d’eau est un serpent extrêmement rare. Diurne et aquatique, il fréquente les cours d’eau des forêts primaires, en particuliers les petits sauts et les bassins des petites criques. le cobra d’eau se nourrit de poissons et d’amphibiens. Il peut mesurer vraisemblablement jusqu’à deux mètres. Sa robe marron clair à beige jaune est composée d’une alternance d’anneaux  noirs ou alors, bruns et noirs selon le morphe. Soit plutôt clair, soit plutôt foncé.

C’est un serpent territorial qui semble avoir un comportement grégaire du moins à certaines saison.

S’il n’est pas agressif, H. bicinctus peut s’avérer dangereux. Il n’est pas muni de crochets à venin, mais une salive secrétée par la glande de Duvernoy serait à dose égale plus toxique que le venin d’un Bothrops ou d’un Crotalus. La prudence est de rigueur car s’il mord, sa grande taille lui donne la force pour mâchouiller suffisamment la morsure et faire pénétrer la salive toxique dans l’organisme

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Morphe clair d’H. bicinctus

Imantodes cenchoa :

Le serpent « spaghetti » est un serpent nocturne, terrestre et arboricole. On le rencontre dans la strate arbustive des forêts primaires et secondaires, ainsi que dans les abattis comme les zones cultivées. On peut en trouver régulièrement dans le secteur de Matiti par exemple. Il se nourrit de lézards et de petits amphibiens. Très reconnaissable à son allure de spaghetti, long et fin, il se différencie de son cousin Imantodes lentiferus principalement aux formes géométriques et parfaitement dessinées de sa tête. I lentiferus tire plus vers le roux et possède des yeux plus grands que I cenchoa.

C’est un serpent ovipare mais qui ne pond que très peu d’oeufs. Un ou deux par couvée.

Il est totalement inoffensif et plutôt coopératif en main. Il relâche malgré tout le contenu malodorant de ses glandes cloacales lors de sa capture. Ces individus ont été rencontré pendant la saison des pluies, lors de soirées humides à Kaw en avril 2016.

Leptodeira annulata :

La diane maculée est un serpent nocturne assez fréquent.

Oxyrhopus melanogenys :

L’oxyrhope à col jaune est aussi appelé faux-corail pour sa ressemblance (en particulier la tête) avec Micrurus hemprichii. C’est un serpent nocturne, terrestre et semi arboricole. Il semble se nourrir quasi exclusivement de lézards, mais aussi de grenouilles. Il serait aussi semi-fouisseur mais j’ai rencontré un individu en chasse de grenouille dans la strate arbustive. Il mesure entre cinquante centimètres et un mètres. Sa livrée principalement noire est ponctuée d’anneaux blancs et jaunes. Sa tête est noire avec un collier jaune. Il se distingue de Micrurus hemprichii par son ventre blanc (pas de continuité des anneaux) et la forme de son museau, plus allongé. Pour savoir distinguer un vrai corail d’un faux corail, allez dans le chapitre classification et détermination.

Ovipare, il est inoffensif et ne cherche généralement pas à mordre quand on le capture. Il est par contre très vif.

Pseudoboa coronata :

Ce faux corail ou pseudoboa écarlate est terrestre et nocturne. C’est un semi-fouisseur qui chasse dans la litière lézards et temps en temps quelques jeunes serpents. On le trouve principalement en forêt primaire et secondaire. Sa robe est rouge brillant et sa tête noire est traversée par une bande blanche. Il ressemble beaucoup à Drepanoides anomalus . La couresse rouge a la tête plus distincte du corps et le museau plus effilé. Elle ne possède pas de loréale à la différence du pseudoboa. Les écailles de la couresse sont cerclées d’un rouge très foncé presque noir. C’est un serpent très présent sur le territoire guyanais.

Ovipare et opistoglype, il est très nerveux et se débat quand on le capture. Inoffensif il ne va pas mordre mais libérer le contenu nauséabond de ses glandes cloacales.

Thalesius viridissima :

Le faux jacquot. Un serpent magnifique et assez rare.

Thamnodynastes pallidus :

Le serpent liane coiffé est un serpent semi-arboricole et nocturne, quoi qu’il soit assez récurent de le croiser pendant la journée en activité. Il se nourrit principalement de grenouilles et habite donc plutôt dans les zones marécageuses ou les savanes humides (pripris). Sa coloration dans les tons jaune-orange-marron est assez atypique pour le reconnaître au premier coup d’oeil. Au niveau de l’oeil se situe une bande plus foncée ce qui lui vaut son surnom de « coiffé ».

Vivipare (ce qui est assez rare chez les colubridés pour le noter) il est très mordeur lorsqu’on le capture. T.pallidus est venimeux. Il est nécessaire cependant de nuancer ce propos en ajoutant que les réactions entrainées par une morsure venimeuse de T.pallidus sont semblables à celles d’une piqure de guêpes et varient selon les personnes. De simples picotements à des gonflements douloureux au niveau de la zone mordue.

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ELAPIDAE

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VIPERIDAE

Bothrops atrox :

Le fer de lance sud américain, souvent appelé « grage petit carreaux » est le vipéridae à la plus mauvaise réputation. C’est aussi le plus communément rencontré.  C’est un grage nocturne et terrestre quoiqu’on puisse en croiser régulièrement dans la strate arbustive, en particulier les juvéniles semblent avoir des mœurs semi arboricoles. Cependant, il a aussi une activité diurne, ce qui fait qu’on le croise régulièrement en fin de journée. C’est un serpent qui peut atteindre 1m50, mais sa taille moyenne se situe plus autour de 90cm. Il a une robe variable qui lui permet de se confondre aisément avec la litière. Dans les tons marrons, généralement sombre avec des taches géométriques. L’extrémité de la queue chez les juvéniles est beige voir blanche.  Son alimentation est très variée; mammifères, oiseaux, lézards, amphibiens, et même d’autres serpents comme Atractus torquatus (Martins & Oliveira 1999) ou Siphlophis compressus. (Obs personnelle). Il possède les fossettes loréales caractéristiques des viperidae.

B.atrox est solenoglyphe. Son venin nécrosant est potentiellement mortel. De réputation agressive, il ne l’est pas tant que ça. Il reste l’un des serpents les plus rencontrés par l’homme, et pourtant le ratio de morsure est plutôt faible.

Bothrops bilineatus :

Le fameux vrai jacquot. C’est un grage nocturne et arboricole. Il se nourrit d’un peu tout ce qui passe à sa portée, amphibiens, lézards, oiseaux, petits mammifères …  Sa robe verte et son ventre jaune sont caractéristiques de l’espèce. Il ne partage cette livrée qu’avec Thalesius viridus, le faux jacquot. Le mimétisme entre ces deux espèces est particulièrement impressionnant. Deux détails permettent de distinguer l’une de l’autre. La pupille ronde pour le faux jacquot, en fente pour le vrai. Et la présence de losanges oranges sur le flanc du vrai jacquot.

Solenoglyphe. Son venin est potentiellement mortel, le jacquot reste cependant un serpent très calme, même lorsqu’il est manipulé.

Crotalus durissus :

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Envenimation

Au delà de son aspect, c’est le venin dont certaines espèces sont dotées qui fait mauvaise presse aux serpent quasiment partout dans le monde. La méconnaissance de la faune ophidienne amène à une peur irraisonnée de l’ensemble des espèces. Ce qui conduit par exemple, les guyanais à tuer tout les serpents qu’ils peuvent croiser, sans se préoccuper de savoir si l’individu rencontrer était réellement dangereux. Et quand bien même, l’exemple de l’Australie est flagrant. La seule région au monde où il existe en proportion plus de serpents dangereux que de non venimeux. Et bien, lorsque les australiens trouvent un serpent chez eux, ils l’attrapent pour le donner à un centre spécialisé ou le relâcher à quelques kilomètres de là.

De plus, il est intéressant de savoir que la plupart des morsures n’ont pas lieu lors de ballades en forêt. Les victimes les plus souvent touchées sont les gens travaillant en forêt, ou dans les zones périurbaines (abattis …). Dans une grande majorité des cas, le mordeur est un Bothrops atrox, espèce qui affectionne les zones anthropisées (carbet, jardins …). Deux scénarii sont « habituels », un homme explore un amas de planche qui traîne ou des débris végétaux depuis quelques semaines, ou un jeune homme saoul va au toillette sans lampe lors d’une fête au carbet. L’ophidien se sent agressé et réplique en mordant. Dans 80% des cas, la morsure se situe sous le genou.(Starace 2013) Il faut aussi savoir qu’une morsure sur deux serait « blanche » (Chippaux, 2008). Le grage mord pour prévenir de sa présence, son venin étant réservé normalement à ses proies. C’est pour cela qu’il faut se méfier des petits grages. En effet, les juvéniles ne mesurent pas encore la quantité d’énergie nécessaire à la reconstitution de leurs réserves de venin et ont tendance à lâche « toute la sauce » à chaque fois. Étonnamment, mieux vaut se faire mordre par un gros grage qu’un petit.

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